La mort tragique de Joyce Echaquan

La mort tragique de Joyce Echaquan, survenue le 28 septembre 2020, m’interpelle au plus haut point quant au fondement de nos valeurs sociales.  Quand je pense qu’au cœur de la Nouvelle-France, 10 % de la population était autochtones à l’époque.  La Grande Alliance conclue entre Champlain et Anadabijou avait orienté colons et autochtones vers un esprit de bienveillance mutuelle unique dans l’histoire de la colonisation des Amériques.  Suite à la Conquête, tout a basculé pour se conformer aux normes de l’envahisseur.  Au début du siècle suivant, les cabanes à sucre sont apparues pour remplacer les tipis comme endroits pour faire bouillir l’eau d’érable.  Aujourd’hui, lorsque je vois les médias s’intéresser plus au débat à la présidence des États-Unis qu’à la course à la chefferie du Parti Québécois, je me dis que nous sommes imprégnés de la culture anglo-américaine au détriment de la culture de bienveillance autochtone qui a caractérisé les premiers colons français. 

Si le système capitaliste tient encore aux États-Unis, c’est en partie à cause d’Alphonse Desjardins qui a introduit le modèle des caisses populaires en Nouvelle-Angleterre au début du XXe siècle. Aujourd’hui 42 % des Étatsuniens ont un compte dans ce type d’institution financière plus bienveillante qu’une banque exploitant la population.

Un monde nouveau dans le Nouveau Monde est possible. Le Québec doit poursuivre le rêve de Champlain et d’Anadabijou à l’origine de sa fondation. Pour honorer nos ancêtres colons et autochtones, et aujourd’hui pour honorer Joyce Echaquan afin d’éviter des drames semblables dans l’avenir. Toutefois, des changements profonds demandent des explications profondes. Je vais poursuivre mon action en ce sens par mon blogue Pursirop.net

Bastien Guérard